Initiative : Le secteur de l’eau mise sur les journalistes

10 Sep 2022 | NEWS, WATER | 0 commentaires

Face aux impacts du changement climatique sur notre environnement, une bonne gestion de l’eau est nécessaire pour répondre efficacement à nos différents besoins socio-économique. Des journalistes engagés à promouvoir le dialogue de l’eau dans des costumes d’ambassadeur. Une initiative de Africa 21 et ses partenaires dans le sillage des conférences au sommet sur l’avenir de l’eau dans le monde et sur le continent africain.

Le sixième rapport d’évaluation du GIEC sur l’Eau estime le volume de ressources en eau totale mondiale à 1.380.000.000 km3. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’Organisation des Nations unies. « L’eau douce sur terre représente environ 1,8 % des ressources en eau totale mondiale. Sur cela 96% sont non utilisable : glaciers, nappes glacières, neige, etc. 4% est utilisable correspondant à 835,000 km3, dont 630,00 km3 comme eaux souterraines. 205,000 km3 restant dans les lacs, rivières, les zones humides et dans les sols », renseigne Dr Aïda Diongue-Niang du GIEC. L’eau douce disponible, seule ressource utilisable, est en quantité invariable alors que la population ne cesse d’augmenter et que la demande en eau est en pleine progression. La ressource n’est pas inépuisable !

Les chercheurs alertent qu’au rythme actuel, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards en 2025 et doubler d’ici la fin du XXIème siècle. Les répercussions sur les besoins en eau sont multiples. « Plus il y a d’êtres humains, plus il y a de personnes à désaltérer, de bouches à nourrir et d’activités humaines gourmandes en eau », argumentent-ils. Tous usages confondus, on estime à 500 m3 les besoins annuels moyens en eau, par habitant. Par ailleurs, d’autres facteurs tels que l’urbanisation et le niveau de développement des pays influent sur les consommations d’eau. Sans une bonne gestion, l’humanité court à la catastrophe surtout si l’on prend en compte l’impact du changement climatique sur les ressources en eau. En Afrique, ces changements sont déjà très visibles. « Il faut pour l’Afrique des mesures transformationnelles ; pour se faire, tous les éléments de la société doivent être impliqués », plaide Dr Aïda Diongue-Niang. « Des réponses politiques doivent être apportées, basées sur la science et les savoirs endogènes. Il faudra que les Etats soutiennent et promeuvent les scientifiques du Continent afin que ces derniers, participent à un développement massif des données en matière de changement climatique », souligne-t-elle.

Ambassadeur

Alors que les pays du monde ont besoin de paix pour se développer ou consolider les acquis en matière de développement, l’eau se révèle de plus en plus comme une source potentielle de conflit au sein des communautés mais aussi entre pays. Il faut promouvoir la sécurité de l’eau pour tous. Amina Mohamed, Secrétaire générale adjointe de l’ONU, le soulignait fort à propos lors de la semaine africaine de l’eau, le 19 novembre 2021. Elle indiquait alors que « Cela inclut la coopération transfrontière en matière d’eau, qui peut aider à construire la paix et à prévenir les conflits ».  Et de recommander comme remède : « d’encourager tous les gouvernements à adhérer aux deux conventions sur l’eau, à les mettre en œuvre et à les respecter ». L’histoire rapporte en effet de nombreux conflits hydriques dans le monde en général. Il faut user de diplomatie ! Parce que soutient Dr Tobias Schmitz, The Water Diplomat, l’eau est aussi un vecteur de paix, de coopération et de sécurité. À ce sujet explique-t-il, l’hydrodiplomatie qui rassemble autour de la table tous les acteurs liés à la gestion d’une ressource partagée au niveau international, au niveau des bassins transfrontaliers, au niveau national (PNE), au niveau des bassins versants nationaux (GIRE) est déployé pour repenser l’utilisation de l’eau.

Conseiller scientifique, Secrétariat exécutif du 9ème Forum mondial de l’Eau tenu à Dakar en mars 2022, Dr Boubacar Barry recommande d’orienter cette réflexion « dans une optique d’économie circulaire afin d’assurer des services de manière plus durable, plus inclusif et plus résilient ». Pour faire savoir ce qui est fait, dénoncer les mauvais élèves et promouvoir les bonnes pratiques pour leur duplication, les hommes et femmes des médias constituent un maillon essentiel. En effet, soutient Thierry Amoussougbo, Chef de la formation et de la recherche à l’Institut africain pour le développement économique et la planification (IDEP/UNECA), « les journalistes ont un rôle primordial à jouer : celui d’informer, d’éduquer et de sensibiliser le public ». A son avis, les journalistes qui ont suivi l’atelier organisé par Africa 21 et ses partenaires à Dakar du 15 au 19 août 2022, sur les enjeux de l’eau en Afrique doivent de fait devenir des ambassadeurs de l’eau sur le continent. 

Dialogue de l’eau

« Les différentes thématiques abordées au cours de cette rencontre hybride, sont autant de pistes pour des articles de reportage, d’enquête voire d’interview, pour ne citer que ces genres journalistes, pour aussi bien sensibiliser le grand public que pour accompagner le plaidoyer auprès des pouvoirs publics, afin que des décisions efficaces et efficientes soient prises de part et d’autre. Il en va du bien-être de l’humanité », confie la directrice de publication du site www.washnews.africa qui, à l’instar de ses 97 confrères et 16 en présentiel, a suivi cet enrichissant atelier grâce à l’approche virtuelle adoptée par les organisateurs en dépit des aléas de la connexion Internet. Cet atelier s’inscrivait dans la lignée des activités développées dans le cadre du Réseau des journalistes africains spécialisés sur le développement durable et le changement climatique, afin d’informer, de sensibiliser, d’alimenter le débat, de mettre en réseau et d’offrir des opportunités aux journalistes.

Egalement, il visait à assurer le suivi des résolutions du 9ème Forum mondial de l’eau de Dakar et à préparer les journalistes à la prochaine Conférence de la Décennie des Nations Unies de l’eau 2023 prévue du 21 au 24 mars 2023 à New York. La dynamique nouvelle a été impulsée. Pour sa pérennité, Africa 21 et The Water Diplomat se sont engagés à lancer un « Dialogue de l’eau » qui va permettre à un niveau plus large : « d’offrir aux Journalistes africains, un suivi qualitatif de ces questions et la possibilité de suivre les grandes conférences internationales sur l’eau, car il est impensable que la presse africaine soit absente de ces moments forts pour le devenir des Etats africains », ont-ils expliqué. 

Nadège Christelle BOWA

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